On pensait qu’il était mort calciné dans l’incendie. Mais l’homme de 52 ans retrouvé sans vie, vendredi 29 janvier 2010 à Plainpalais, a probablement été tué. La police privilégie la piste criminelle. «Bien que les conclusions de l’autopsie n’aient pas encore été rendues, il a été constaté sur le corps de la victime des lésions qui ne semblent pas uniquement imputables à l’incendie», rapporte Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police genevoise. Il s’agirait, semble-t-il, de coups de couteau.
Comme nous vous le révélions déjà samedi sur notre site, ce corps inanimé a été retrouvé au 89, rue de Carouge, proche du pont du même nom. La macabre découverte a été faite, suite à un sinistre, dans l’appartement du défunt, au 2e étage de l’immeuble où le malheureux vivait depuis près de trente ans.
«Une brave personne»
Mais qui était cet homme? «Une brave personne, quelqu’un de gentil et de poli», résume une famille, domiciliée en ces lieux elle aussi depuis une trentaine d’années.
«Nous sommes arrivés ensemble il y a exactement vingt-huit ans, précise un autre locataire de l’immeuble, visiblement touché par ce drame. On échangeait toujours quelques mots quand on se croisait. Je l’ai encore vu lundi dernier sur son scooter devant chez nous.» Et d’ajouter: «Il travaillait autrefois chez Honda à Meyrin. Or, il a fini par se retrouver au chômage; malgré cela, ce solide gaillard gardait le moral et arrivait à se débrouiller pour vivre.»
Dans le quartier, c’est la surprise qui domine à l’annonce d’un crime probable. De nombreuses personnes ont pourtant assisté à l’impressionnant remue-ménage des pompiers et des forces de l’ordre, et plus particulièrement à l’intense activité de la police scientifique, qui se serait prolongée jusque tard dans la soirée de vendredi.
«On se serait cru dans une série américaine, raconte une jeune femme. C’est triste que ça se passe dans notre bâtiment, mais c’est rassurant de voir les enquêteurs s’activer pareillement.» Au Kebab Cappadoce, le chaleureux Bahri a assisté lui aussi au ballet des services d’urgence: «J’ai tout de suite ressenti la gravité des événements.»
Matelas calciné dans la rue
Un habitant du quartier, lui, était visiblement au courant: «Un policier ne m’a pas caché qu’il y avait eu un homicide et qu’on recherchait une arme.» Certains n’hésitent pas à avancer que l’appartement, désormais sous scellés, a volontairement été incendié pour effacer des preuves.
Alors que des restes du sinistre, dont ceux d’un matelas calciné, gisent encore à l’angle de la rue Blanche, la police souligne que le feu s’est étendu à plusieurs pièces du logement et qu’elles ont ainsi été entièrement détruites. Même si la piste criminelle est privilégiée, aucun scénario n’a clairement pu être établi. «Notamment au vu des dégâts occasionnés par le feu et les moyens d’extinction», explique le porte-parole de la police. Une information pénale a été ouverte et confiée à un juge d’instruction. L’enquête est menée par la police judiciaire.
Source: Tribune de Genève