Après le mystérieux incendie mortel, qui s’est déclaré vendredi 29 janvier 2010 au 89, rue de Carouge, la police avait immédiatement privilégié la piste criminelle. A juste titre. Suite à la découverte du corps sans vie d’un quinquagénaire, la Brigade criminelle a mené une minutieuse enquête et procédé à de nombreuses auditions, notamment de voisins et de proches du défunt.
Le caractère intentionnel de l’incendie est tout de suite apparu, le feu ayant été bouté dans deux pièces séparées de l’appartement. Une bouteille d’alcool à brûler, manifestement utilisée pour activer le feu, a été retrouvée sur les lieux. Grâce à un appel rapide du concierge, alerté par les occupants de l’immeuble en raison d’un dégagement de fumée, l’appartement n’a pas été entièrement détruit et le feu ne s’est pas propagé aux autres logis.
Une quinzaine de lésions
Il a surtout été constaté, sur le corps partiellement brûlé de la victime, la trace de plusieurs coups portés avec un objet tranchant, notamment au niveau du cou. Des blessures aux mains caractéristiques de gestes de défense ont aussi été remarquées. Au total, ce ne sont pas moins d’une quinzaine de lésions qui ont été relevées grâce à l’autopsie.
L’enquête a rapidement permis de reconstituer l’emploi du temps du défunt le jour du drame et d’identifier les personnes qu’il avait rencontrées dans les heures précédant l’appel aux services d’urgence. Les enquêteurs ont ensuite, par recoupement de plusieurs témoignages, identifié un suspect, citoyen suisse né en France en 1973. Ce trentenaire a été interpellé hier à son domicile de Meyrin. Interrogé tout au long de la journée de jeudi, il a reconnu les faits dès l’intervention de la police. Les mobiles de son acte, qui pourrait être lié à un différend financier suite à un trafic de stupéfiants, doivent encore être éclaircis.
Un couteau
L’arme supposée du crime a été retrouvée dans un appartement des Acacias, dans lequel le suspect s’était rendu peu de temps après son forfait. «Un couteau», précise la juge d’instruction Gaëlle Van Hove, en charge de l’enquête. Le locataire de l’appartement où l’arme blanche a été débusquée a, lui aussi, été arrêté et prévenu d’entrave à l’action pénale et d’infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants.
Cet homme d’origine espagnole de 44 ans et l’auteur présumé de l’homicide sont «des toxicomanes connus des services de la police pour des affaires de stupéfiants», informe la juge d’instruction. Ce n’est pas le cas de la victime, «une brave personne», selon le voisinage. Le défunt vivait au 89, rue de Carouge depuis une trentaine d’années. L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes du crime. «La police a obtenu un beau résultat, félicite Gaëlle Van Hove. Le scénario n’était pourtant pas facile.»
Source: Tribune de Genève