La façade présente un jaune pimpant, mais trompeur. Le locatif de 5 étages qui trône au numéro 6 de la rue Tronchin à la Servette ne s’est pas encore entièrement remis de l’incendie qui a ravagé un appartement de son rez-de-chaussée durant la nuit du 15 au 16 novembre 2008. A l’époque, tout l’édifice avait dû être évacué après que le feu s’était déclaré accidentellement dans un logis. Les flammes n’avaient, heureusement, fait ni mort ni blessé grave.
Près de quinze mois plus tard, il suffit de pousser la porte d’entrée pour que les stigmates des flammes sautent aux yeux. Les parois et plafonds du premier palier sont encore tout noircis.
A chaque étage pendouille une ampoule au bout d’un câble entortillé relié à un sucre apparent. Au rez, un panneau jaune fort explicite signale le danger électrique. Les sols, du bas jusqu’au sommet de l’immeuble, sont enveloppés dans un revêtement adhésif provisoire qui montre des signes de lassitude. A fil de la montée, un carreau brisé laisse pénétrer la bise mugissante. «Ils prennent leur temps, tout en encaissant nos loyers», grogne un habitant croisé dans l’escalier. «La plaisanterie commence à avoir trop duré», confirme le parent d’une habitante, qui a alerté la Tribune.
Régie rassurante
Montrée du doigt, la régie responsable des lieux dément pourtant toute négligence. «Je me mets à la place des habitants et, de notre côté, nous aurions voulu tout boucler encore en 2009, certifie Mme Subir au Forum Immobilier Genevois. Mais l’essentiel, à savoir les logements touchés, a été fait. Nous n’avons reçu le remboursement de l’assurance qu’en fin d’année. Le propriétaire ne pouvait pas tout avancer de sa poche. Obtenir des devis demande du temps. Et les entreprises de la construction ferment de la mi-décembre jusqu’au 10 janvier.» Selon elle, la phase finale des travaux débutera dans une quinzaine de jours. Les traces du sinistre devraient ainsi être effacées durant les deux prochains mois.
Source: Tribune de Genève