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Sécurité anti-vol: ce qui différencie les petits braqueurs des vrais gangsters

Anti intrusion | samedi 30 janvier 2010

Qu’ils soient petits braqueurs ou vrais pros du hold-up, les criminels attirés par l’argent facile se sont beaucoup fait remarquer en ce début d’année en Suisse romande. Souvent déterminés, ils n’hésitent pas à recourir à la force. Décryptage d’une violence qui inquiète.

Les pros

LE PROFIL Ce sont des braqueurs qui n’en sont pas à leur premier coup. Ils agissent avec un grand sang-froid. C’est d’ailleurs ce qui marque toujours les témoins, comme lors de l’attaque manquée à l’explosif du point de change Migros, cette semaine à Plan-les-Ouates (GE). «Ils sont parfois même en relation avec des personnes qui font partie du grand banditisme», relève Eric Grandjean, porte-parole de la police genevoise. Ces braqueurs viennent très souvent de France.

LA MÉTHODE Ils n’ont pas peur de passer à l’action en plein jour, sous les yeux des passants. Ils agissent en général par groupe de trois à cinq complices. «Tout est bien planifié, ils ne se posent pas de question. Chacun sait ce qu’il a à faire», analyse Eric Grandjean, qui précise également que ces braqueurs ne se contentent plus d’armes de poing, mais «ont de plus en plus souvent recours à des armes de guerre». Le scénario d’arrivée comme celui de la fuite sont préparés. Cette dernière se fait très souvent en voiture. Plusieurs véhicules sont mêmes engagés pour disparaître. Après le braquage de Plan-les-Ouates, une voiture carbonisée a, par exemple, été retrouvée à la frontière française, indiquant qu’une autre attendait les malfaiteurs.

LES CIBLES Les pros du braquage visent les établissements bancaires ou des bijouteries. Depuis le début de l’année, c’est Genève qui est la plus touchée en la matière. Outre le point de change de la Banque Migros de Plan-les-Ouates, la Banque Raiffeisen du Grand-Saconnex, et la poste de Satigny ont été attaqués. La frontière toute proche est la principale raison. «Il y a de nombreux chemins carrossables qui permettent de passer facilement en France. Et tous ne sont pas surveillés en permanence», explique Eric Grandjean. En 2009, 19 casses ont été commis à Genève contre deux en 2008.

LE BUTIN Les montants sont de plusieurs dizaines voire centaines de milliers de francs. Toutefois, il est difficile d’articuler des sommes précises car la police ne donne «volontairement jamais de montants afin de ne pas donner des idées à d’autres criminels», relève Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise.

Les amateurs

LE PROFIL Ce sont des personnes désœuvrées, de petits délinquants ou des toxicomanes qui font leur premier coup. «Lorsqu’ils agissent, ces individus sont aussi stressés que leur victime. La situation peut vite déraper et en arriver à la violence physique», prévient Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise. A Lausanne, qui a compté 13 cas de brigandage en 2009, la porte-parole de la police Anne Plessz précise que «ces braqueurs sont plutôt jeunes. Ils n’ont pas plus de 30 ou 35 ans, voire moins de 18 ans, comme on l’a vu cette semaine.»

LA MÉTHODE Il n’y a pas de modus operandi. Ils agissent à toute heure, même si tôt le matin et tard le soir les attaques sont plus fréquentes. Ils agressent leurs victimes avec ce qu’ils ont sous la main. «Ils n’ont souvent aucune idée de ce qu’ils sont en train de faire. C’est aussi ce qui peut les rendre dangereux s’ils paniquent», relève Hans Maradan, porte-parole de la police fribourgeoise. Rien qu’à Fribourg quatre agressions de ce genre ont déjà eu lieu au cours du dernier mois sur des petits commerces. L’attaque d’une Coop de quartier semblait toutefois assez bien planifiée. Masqués ou à visage découvert, ces petits braqueurs utilisent couteaux ou cutters pour intimider leur victime. «Lorsqu’ils sortent des armes de poing, il arrive régulièrement qu’elles soient factices, explique Hans Maradan. Mais sur le moment il est impossible de faire la différence.»

LES CIBLES Ils s’attaquent à des boulangeries, à des kiosques ou à des stations-service. C’est qu’on appelle les braquages de proximité. Ces commerces ont peu de sécurité, au mieux une caméra de surveillance. «Ce sont des cibles faciles car il y a peu de personnel qui y travaille. Les banques et les postes sont désormais hors de portées pour eux», note Hans Maradan. Dans le canton de Vaud par exemple, près de 30 brigandages à main armée (arme blanche et arme à feu) ont été enregistrés l’an dernier.

LE BUTIN «Il est bien maigre au vu de l’important traumatisme infligé aux victimes», déplore Jean-Christophe Sauterel. Les voleurs repartent avec le contenu de la caisse, soit presque rien, et par dépit emportent parfois des cigarettes.

Source: Le matin.ch



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